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Tanguy Viel entouré des membres du jury et des élus carhaisiens, le 23 octobre en mairie. |
Le nom est lâché... le 11e auteur primé par le Prix du Roman de la Ville de Carhaix est Tanguy Viel pour son savoureux "Paris-Brest".
Jusqu'au bout, les dix membres du jury du Prix du Roman de la Ville de Carhaix ont gardé leur secret. Rien n'a filtré. La sélection fut rude depuis février dernier. Dans la dernière ligne droite, les romans de Fabienne Juhel, Tanguy Viel, Robert de Goulaine, Michel Sibra et Michel Le Bris ont joué des coudes. Et PAris-Brest a fait son échappée. Le dernier roman du Brestois Tanguy Viel sonne avec gourmandise et pourrait presque faire penser à une course mythique, une épreuve comme celle traversée par son héros. Louis, 20 ans, son personnage, écrit son « roman familial », qu'il ouvre sur l'enterrement de sa grand-mère. Très précisément sur le moment où l'on fait « descendre le cercueil dans la fosse ». Et les bleus des souvenirs avec. Car c'est l'histoire d'une échappée par l'écriture que raconte Tanguy Viel, dans un texte bien plus intime que les précédents, moins pudique par rapport à sa propre expérience, plus engagé dans la réalité. "Pour moi, le style, c'est l'inquiétude de la phrase, chercher quelque chose qui n'a pas été écrit", confiait l'auteur lors de la remise du prix du Roman de la Ville de Carhaix. "Cela fait partie des pooncifs de parler de la singularité de la langue. Mais si on n'a pas sa langue à soi, on ne vit pas la vie de façon singulière." Singulier roman que ce "Paris-Brest" qui a donné de l'inspiration aux lycéens carhaisiens du café littéraire. " Le style, subtil et dépouillé, nous plonge dans un univers intrigant et mélancolique", commente une lycéenne. Tandis que pour une autre, "ce roman est à l'image d'une vague du bout du monde qui brise des vies."
Né à Brest en 1973, Tanguy Viel y passe son enfance. A 12 ans, il part pour Bourges où il fera ses études secondaires. On le retrouve ensuite à Tours pour ses études supérieures. Il obtient le statut d’objecteur de conscience et effectue son temps de service au Centre Dramatique Régional. C’est là qu’il rencontre François Bon qui deviendra son mentor en littérature et lui mettra le pied à l’étrier aux prestigieuses éditions de Minuit, où sera publiée la totalité de son œuvre romanesque. Il participe également régulièrement au site internet de François Bon, remue.net
A 25 ans, il publie son premier roman, Le Black Note (1998). D’autres suivront : Cinéma (1999) où il laisse éclater l’une de ses passions, le 7e art , et surtout l'Absolue perfection du crime (2001), son 1er vrai-faux polar. Pensionnaire à la Villa Médicis, à Rome (2003-2004), il poursuit dans cette forme avec Insoupçonnable (2006). Tous ces romans sont bien accueillis par la critique. Passionné de théâtre, il travaille en 2006-2007 avec le metteur en scène Gilles Bouillon à l'écriture d'une pièce pour cinq acteurs du Centre Dramatique Régional de Tours, un retour aux sources en quelque sorte. De même en 2009-2010, il amorce une collaboration avec l’université Rabelais de Tours avec la compagnie de théâtre Frasques sur le thème « récits recomposés – récits orchestrés », la relation entre texte et musique. Une représentation est prévue pour avril 2010. Entre temps, en janvier 2009, il a publié Paris-Brest qui jouit d’un succès exceptionnel dans les médias et auprès du public, et qui obtient, avec le prix du roman de la ville de Carhaix, son 1er prix littéraire. Le premier prix et sans douute pas le dernier, comme l'a prédit le jury du Prix du Roman.
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